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Les pilules contraceptives

MGEN : Quels sont les critères qui selon vous, Docteur, caractérisent une bonne contraception ?
Dr Robert ARNAUD : Une bonne contraception se doit d’être efficace, par conséquent elle doit permettre à la femme d’éviter une grossesse non désirée. Son innocuité se doit d’être totale, elle ne doit conduire à aucun danger pour la santé. Enfin, sa réversibilité doit être parfaite, c’est-à-dire que lorsque la décision d’arrêter est prise, on revient à la « case départ ». Enfin, c’est une contraception qui doit être facile à mettre en œuvre. Il est important de rappeler qu’il ne s’agit pas d’un médicament que l’on prend ; il n’est donc pas acceptable de subir des effets secondaires par conséquent « Tolérance 0 » par rapport au risque ! C’est précisément cet aspect là qui fait problème depuis quelques mois.

MGEN : Nous y voilà ! Pouvez-vous nous expliquer les nuances entre ces différentes générations ?
Dr Robert Arnaud : Très schématiquement, dans une pilule, il y a des œstrogènes de synthèse et de la progestérone de synthèse, les deux étant capables de bloquer l’ovulation. Les générations de pilules se distinguent par la nature de la progestérone qu’elles contiennent. Certaines progestérones étant plus « dangereuses » les unes que les autres, nous trouvons là l’origine des soucis rencontrés. J’insiste bien sur le fait que le classement est effectué par rapport à la progestérone mais les œstrogènes de synthèse sont loin d’être anodins, ils sont porteurs de leurs risques propres et la tolérance à leur encontre varie d’une femme à l’autre. Pour cette raison, il peut être parfois préférable de recourir à une pilule de 4ème génération faiblement dosée en œstrogènes qu’à une pilule de 2ème génération plus fortement dosée en œstrogènes.

MGEN : Autrement dit à chaque femme la pilule qui lui convient !
Dr Robert Arnaud : Il faut être très clair ! Toute femme a un risque d’avoir un accident vasculaire sous pilule tout simplement du fait qu’on ne sait pas, a priori, si son organisme va tolérer tel ou tel produit. Les accidents seront par conséquent rencontrés dans les six premiers mois voire la première année. C’est la raison pour laquelle, la première pilule prescrite sera une pilule de 2ème génération, a priori moins risquée. Ce n’est qu’à « l’épreuve du feu » et suite à l’entretien avec le médecin que l’on pourra conclure pour chaque femme quant à sa tolérance à telle ou telle pilule.

MGEN : Comment répondre à l’inquiétude des femmes qui utilisent déjà des pilules de 3ème ou 4ème génération ?
Dr Robert Arnaud  : Le bon conseil consiste à dire de n’arrêter sous aucun prétexte. Si ce type de pilule est bien tolérée, il n’y a pas de raison d’en changer, ou pire, d’arrêter avec le risque d’une grossesse non désirée dont on sait bien les conséquences désastreuses. Les changements de pilule ne doivent être justifiés que par rapport à l’intolérance constatée à une autre pilule.

MGEN : Quel dernier conseil pourriez vous donner ?
Dr Robert Arnaud : Je n’insisterai jamais assez sur l’absolue nécessité de respecter les contre indications des pilules, de toutes les pilules. Etre en surpoids, fumer et… prendre la pilule est quelque chose de très grave ! Cela, quelque soit la génération de pilule ! Une femme en surpoids et qui fume doit absolument choisir une autre contraception ! Enfin, rappeler l’importance de consulter son médecin généraliste, une sage femme, un gynécologue tout au long de la prise d’un tel produit. La pilule n’est pas anodine, les médecins le savent depuis très longtemps, et ce, quelle que soit la génération !

MGEN  : Que dire des autres moyens de contraception ?
Dr Robert Arnaud : Je crois beaucoup aux vertus de l’éducation, de l’information telle qu’elle est dispensée aujourd’hui dans les collèges, des actions de prévention menées par différents acteurs de la santé dont les mutuelles. Cela est fondamental pour aborder votre question, à plus forte raison quand on a rappelé, qu’en France, en 2013, presque une femme sur deux recourt à l’IVG ! Les causes sont multiples, naturellement, l’essentiel est bien d’éviter toute rupture dans la contraception d’où l’importance de l’accès aux soins dans ce domaine comme dans les autres. Stérilet, spermicide, implant, patch, contraceptions locales, non hormonales ou hormonales… l’arsenal est des plus larges ! La seule contraception qui vaille est celle qui est adaptée, bien comprise et bien tolérée par chaque femme.