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Reprendre une activité physique, pourquoi pas ?

Le sujet en valait la peine : « Reprendre une activité physique » quelle que soit l’origine de cette décision, après une maladie, un accident de la vie ou tout simplement au moment de la retraite. Sous la direction du Président de l’ordre des médecins, le Docteur Marcel LEWIN, capitaine d’un soir, le ton était donné dès l’entame de la veillée. Ce médecin généraliste corrézien, médecin du sport, convaincu des bienfaits de l’activité physique, lui-même fameux rugbyman des années 70 que ses contemporains ne sont pas prêts d’oublier était parmi nous. Bien des années après avoir déchaussé et laissé les crampons au vestiaire, il était bien disposé, ce soir, à plaider une cause qui lui est chère et à laquelle il continue de consacrer une partie importante de sa vie.

Le Docteur Anne DUBOIS, médecin spécialiste en rhumatologie à Brive, donnait le coup d’envoi de la soirée. Elle rappelait à une assistance très attentive et concentrée (composée au ¾ de professeurs actifs ou retraités) quels sont les éléments de la charpente osseuse et musculaire les plus exposés, les risques spécifiques auxquels ils peuvent être confrontés, les bienfaits que l’on peut attendre d’un exercice physique bien pensé, bien adapté, et bien mené. Ainsi les sports collectifs qui peuvent engendrer des blessures ou des traumatismes sont déconseillés au profit des activités d’endurance. L’accent était également mis sur les conséquences irréversibles de l’obésité (arthrose des genoux) et sur les effets délétères de certaines activités professionnelles. En revanche, le tonus musculaire est toujours renforcé par l’activité physique entrainant une meilleure stabilité des articulations par une diminution des micromouvements parasites. Quoi qu’il en soit, l’activité physique était conseillée par le Docteur Dubois à condition bien entendu qu’elle soit adaptée à chaque individu, à son état de santé au moment de cette reprise et qu’elle soit précédée d’un véritable reconditionnement aux plans physique et psychologique.
Le Docteur Stéphanie LOPEZ reprenait la balle au bond et enchaînait par la définition du concept de maladies métaboliques et par les bienfaits que l’on pouvait attendre du sport dans des situations de ce type. En préambule, elle rappelait la définition de l’activité physique selon l’OMS « Tout mouvement produit par un muscle squelettique responsable de la dépense énergétique » beaucoup moins réductrice que celle que l’on donne généralement du sport. Elle soulignait la corrélation entre la fréquence de l’activité physique pratiquée et les bienfaits pour le corps. Elle insistait sur le profit que l’on peut en retirer eu égard aux pathologies de l’obésité et du diabète de type II qui sont intimement imbriquées (augmentation de la masse musculaire au bénéfice de la masse maigre, maintien du poids, bienfait sur les pathologies associées, -0,5 % du taux d’hémoglobine glicquée, augmentation du « bon cholestérol », amélioration du profil tensionnel). Peu à attendre cependant en termes de perte de poids (3% au maximum). Lorsqu’on a comparé deux groupes de personnes à risques, 60% des sujets qui ne faisaient pas d’activité physique se sont avérés diabétiques à 3 ans. Dans tous les cas le bien être et l’estime de soi sont considérablement améliorés. Le Dr Lopez préconisait l’activité physique qui peut prendre des formes multiples à tous les instants de la vie quotidienne (jardinage, promenade, bricolage…) avec un objectif minimum de 10000 pas par jour et de 3 séances d’exercice par semaine élevant son rythme cardiaque dans une fourchette de 50 à 75% du nombre obtenu par la formule (220 – Age).
Le Docteur Laure Vayre évoquait le délicat sujet de l’exercice physique avant, pendant et après le cancer. Elle rappelait l’unité de mesure de la dépense énergétique (le m/h) et donnait quelques exemple : le niveau 1 de la station assise, le niveau 3 à 6 en situation de jardinage. Par exemple, en matière de cancer colo rectal, le risque est diminué de 25% par l’activité physique et jusqu’à 1/3 en appliquant des règles diététiques propices. L’activité physique, pendant la maladie, permet de lutter contre la fatigue, d’améliorer l’estime de soi, de se sentir mieux et d’offrir une meilleure réponse aux traitements qui seront mieux acceptés et tolérés. Des associations comme la Ligue contre le cancer prennent en charge ces activités avec toutes les précautions qui s’imposent. Les différents exemples cités montrent que le bénéfice est réel et observable dans tous les cas de maladie cancéreuse. Sa conclusion est sans appel : « Il faut BOUGER ! ».
La dernière prise de parole était celle du cardiologue, le Docteur Frédéric VAYRE, qui intervenait, selon ses propos, « après les filles » ayant craint un instant de ne jouer que dans le temps additionnel. Naturellement, il n’en fut rien… Avec beaucoup d’humour , il déclarait en guise d’introduction que « Les gens qui n’ont pas d’activité physique ou qui l’ont perdue et qui vivent n’importe comment, courent à la catastrophe ! ». La projection simultanée d’une photo d’une ex-star du rugby français n’ayant respecté que de très loin les conseils prodigués déclenchait l’hilarité générale. La sédentarité est en effet la 10ème cause de mortalité dans le monde sachant que 6 à 8 personnes sur 10 ne bougent pas suffisamment. Le risque de mortalité chez les personnes sédentaires est multiplié au moins par 1,2 quelque soit l’âge. Cependant, Le Docteur VAYRE mettait aussitôt en garde quant aux risques de l’activité physique au plan cardiovasculaire : un débit cardiaque multiplié par 5, une pression artérielle multipliée par 2, une consommation d’oxygène du cœur multipliée par 10 ! L’augmentation du taux de potassium dans le sang par exemple peut occasionner des troubles plus ou moins grave. 1000 à1500 personnes décèdent en France (90% d’hommes), chaque année, de mort subite qui frappe l’adulte en bonne santé (avant 35 ans) ; au delà de 35 ans, l’origine est à 85% un infarctus du myocarde.
Il insistait sur l’importance de l’activité physique en prévention secondaire (après la maladie pour prévenir le risque de récidive ou d’aggravation) essentiellement en situation de post infarctus.
Au-delà des facteurs génétiques non contrôlables (sexe, antécédents familiaux...), le tabac et le cholestérol LDL sont pointés comme les principaux facteurs de risques avec l’obésité, le diabète, l’hypertension artérielle. Par exemple une activité physique modérée permet de diminuer de 10 mm de mercure les chiffres des pressions systolique et diastolique. On peut ainsi passer de 150/90 (un peu élevé) à 140/80 (normal).
Pour le cardiologue, l’activité physique est un médicament avec une indication, une posologie et des précautions d’emploi. Pour cette raison, dans tous les cas, il est indispensable d’avoir un échange avec son médecin traitant et son cardiologue le cas échéant, avant de reprendre une activité physique, quelle qu’elle soit.
Les questions s’enchaînaient pendant ½ heure et il fallut l’autorité du coup de sifflet final pour mettre fin à cette bien agréable et utile soirée.

IMPORTANT : Ce compte rendu a été réalisé par l’équipe départementale de la MGEN et n’a pas fait l’objet d’une validation par les médecins. En conséquence, pour toute question relative à ces sujets et dans tous les cas, il convient de contacter votre médecin traitant.